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ACLED 2021: The Year in Review

Summary of global conflicts and social unrest in 2021 and early 2022.

8 March 2022

Also available in English and Spanish

Author

Note de synthèse

Rares sont les conflits qui ont pris fin, et nombreux sont ceux qui se sont aggravés en 2021. Si le niveau général de violence politique est resté stable, sa létalité, elle, a atteint de nouveaux sommets. Les civils en ont été les principales victimes, du fait d’une augmentation des violences dirigées contre eux et du nombre de morts au sein de leur population. L’an dernier, là où les conflits ont reculé, des cessez-le-feu précaires ont souvent dissimulé un risque croissant d’escalade, comme on l’observe actuellement au Yémen et en Ukraine. À l’inverse, là où de longues guerres ont pris fin, comme en Afghanistan, de nouvelles menaces sont apparues pour les civils.

Dans ce contexte, l’agitation sociale a continué de s’accroître tout au long de la deuxième année de pandémie de Covid-19, marquée par une hausse des manifestations dans le monde entier, qu’il s’agisse de rassemblements contre les restrictions en matière de santé publique ou de mouvements de contestation massifs en faveur de la démocratie. Dans des pays tels que le Myanmar et la Colombie, les autorités y ont répondu avec violence, entraînant un pic de mortalité auprès des manifestants y ayant pris part. 

Alors que le monde entame sa troisième année aux prises avec la pandémie – et fait désormais face aux conséquences potentiellement dévastatrices de l’invasion de l’Ukraine par la Russie (voir le pôle de recherche mis en place par ACLED à cet effet – contenu non traduit) – l’insécurité mondiale risque de s’aggraver et de s’amplifier en 2022 (pour en savoir plus, voir le rapport spécial d’ACLED sur 10 conflits supplémentaires à surveiller dans le monde en 2022 – non traduit).

Au cours de l’année 2021 et au début de l’année 2022, ACLED a étendu sa collecte de données au Canada, à l’Océanie, à l’Antarctique et au reste des petits États et régions du monde, atteignant une couverture totale du globe. Notre rapport annuel de 2021 passe en revue les données des 12 derniers mois sur les actes de violence politique et les manifestations dans le monde. Les principales observations qui en découlent sont exposées ci-dessous.

Observations principales

Les actes de violence politique se sont maintenus à des niveaux équivalents à ceux de 2020. Les actes de violence politique ont affiché une diminution de moins de 2% (soit 1 449 événements de moins) en 2021. Au total, ACLED recense 94 833 événements liés à des actes de violence politique pour l’année 2020, contre 93 384 pour 2021. Si des régions telles que l’Asie centrale et le Caucase, l’Europe et l’Asie du Sud ont connu une baisse significative de ces faits de violence, l’Asie du Sud-Est, elle, a vu leur nombre croître de 190%. Une augmentation portée en grande partie par le coup d’État militaire au Myanmar et par la crise y ayant fait suite.

Le nombre de morts signalées a considérablement augmenté. Les morts attribuables à des actes de violence politique ont grimpé de 12% (soit 15 740 décès supplémentaires) par rapport à 2020. Au total, ACLED dénombre 131 370 décès pour l’année 2020, contre 147 110 pour 2021. Les actes de violence politique se sont ainsi avérés davantage meurtriers dans toutes les régions du monde à l’exception de l’Europe et du Moyen-Orient en 2021. En Asie centrale et dans le Caucase, le nombre de morts a connu une hausse de 11%, et ce malgré une diminution des événements liés à des actes de violence politique.

Les actions visant des civils et les morts au sein des populations civiles ont augmenté. En 2021, les civils ont été plus fréquemment visés par des actes de violence politique qu’en 2020, et ce avec des effets nettement plus meurtriers. Sur l’ensemble des données enregistrées l’année dernière, ACLED relève une augmentation de 12% des actions visant des civils, avec 33 331 événements signalés en 2020 contre 37 185 en 2021. Avec une hausse de 8%, les morts au sein des populations civiles ont, elles aussi, augmenté. Cela se traduit par 35 889 décès signalés en 2020, contre 38 658 en 2021. Les plus fortes hausses en termes d’actions visant des civils ont été observées au Myanmar, en Palestine, en Colombie, au Nigéria et au Burkina Faso.

Les groupes armés et organisés anonymes, ainsi que les forces étatiques, demeurent les acteurs les plus actifs de violences contre les civils. Pour la deuxième année consécutive, les groupes armés et organisés anonymes ou non-identifiés arrivent en tête du classement du nombre d’actions commises contre des civils, se rendant responsables de la part la plus importante (soit 46%) de l’ensemble des actions de ce type recensées en 2021. Parmi les groupes armés et organisés identifiés, les forces étatiques continuaient de représenter la principale menace pour les civils l’année dernière, ayant été impliqués dans 16% des actions visant des civils et dans 14% des décès enregistrés au sein de cette même population.         

Malgré la progression constante d’acteurs non-étatiques violents, parmi lesquels des groupes rebelles et des milices politiques, les forces étatiques sont restées les agents de conflit les plus actifs. Quoique l’implication globale des États dans des actes de violence politique ait considérablement reculé (de 18%, soit 10 195 événements de moins) pour la deuxième année consécutive, les forces étatiques ont continué d’être les principaux agents de conflit dans le monde. Celles-ci étaient ainsi impliquées dans 46% du total des événements liés à des faits de violence politique en 2021.

Les accords de cessez-le-feu ont masqué des fragilités persistantes en 2021. Les plus fortes baisses en termes d’actes de violence politique ont été recensées dans des zones où des cessez-le-feu et des accords de partage du pouvoir ont été conclus en 2020 et début 2021. Il s’agit notamment : de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, autour de la question de la république séparatiste d’Artsakh1 ; de l’Ukraine et des territoires séparatistes pro-russes de Donetsk et de Lougansk ; du Pakistan et de l’Inde le long de la ligne de contrôle (Line of Control (LoC) en anglais) contestée ; et des gouvernements rivaux en Libye. De la même manière, au Yémen, la diminution des violences observée en 2021 est due en grande partie à la formation, fin 2020, d’un gouvernement de partage du pouvoir entre le Conseil de transition du Sud (CTS) (Southern Transitional Council (STC) en anglais) et le gouvernement Hadi dans les gouvernorats du sud du pays, conjointement à l’engagement international dans les négociations de paix sur le conflit avec les Houthistes. Malgré le recul de la violence, chacun de ces contextes reste profondément fragile et susceptible de connaître de nouvelles flambées de violence. Au Yémen et en Ukraine, cette fragilité est apparue au grand jour avec la poursuite des combats tout au long de l’année 2021 et leur escalade début 2022.

Le nombre de manifestations a continué d’augmenter au cours de la deuxième année de pandémie de Covid-19. Par rapport à 2020, les manifestations ont progressé de 9% (soit 13 104 événements supplémentaires) en 2021. Si cette tendance a été portée par un large éventail de mouvements, les manifestations antigouvernementales de masse ont été particulièrement saillantes dans les pays ayant enregistré la plus forte augmentation du nombre de manifestations sur leur territoire. Celles-ci comprenaient notamment des manifestations de masse contre les politiques sanitaires, éducatives, sociales et économiques en Colombie ; des manifestations contre le coup d’État au Myanmar ; des manifestations liées à l’eau et aux salaires en Iran ; et des mouvements de contestation contre les restrictions sanitaires liées au Covid-19 en France et en Italie.

Glossary

In this report, the term political violence refers to all events coded with event type Battles, Explosions/Remote violence, and Violence against civilians, as well as all events coded with sub-event type Mob violence under the Riots event type. The latter is included given that this violence, while spontaneous rather than organized, is often similar in nature to violence involving communal groups such as local security providers. Mob violence is more similar to other forms of political violence than it is to violent demonstrations (described below). Including Mob violence within political violence also has the benefit of allowing for a better understanding of the spectrum of political violence and how it may manifest differently across different spaces.

The complement to political violence in the ACLED dataset is the term demonstrations, which is used in this report to describe all events coded with event type Protests, as well as all events coded with sub-event type Violent demonstration under the Riots event type. Expanding on the point raised above, Mob violence is not grouped with demonstrations here because it looks less like other forms of demonstrations associated with mass social movements, and more like political violence. The events included under demonstrations here are what users may typically associate with social movements — in which groups of demonstrators advocate for a certain policy or belief. These demonstrations may be peaceful or violent.2

The term disorder is then used in this report to refer to all political violence and demonstrations. This effectively includes all events in the ACLED dataset, minus Strategic developments — which should not be visualized alongside other, systematically coded ACLED event types due to their more subjective nature. For more on Strategic developments and how to use this event type in analysis see this primer.

Following from these, armed organized violence is a subset of political violence, made up of all events coded with event type Battles, Explosions/ Remote violence, and Violence against civilians. The difference between political violence and armed organized violence is that Mob violence is included in the former; it is not included in the latter as this violence is spontaneous in nature (not organized) and often does not include armed individuals.

Both the term conflict and war refer to campaigns of events, rather than specific event types. The ‘war in Yemen’, for example, may include a variety of types of events — Battles, Explosions/Remote violence, and Violence against civilians. These categorizations will hence be denoted on the basis of the actors involved, the location of events (at the country or subnational level), and/or time periods. The distinction between the two terms (conflict and war) is one of scale: the latter is a more intense form of the former. For more on this categorization, see the latter portion of this primer.

Civilian targeting refers to all violence which targets unarmed individuals. It is important to remember that events coded with event type Violence against civilians are only one subset of this violence. Civilians can also be targeted in events coded with event type Explosions/Remote violence and Riots, as can Protesters (i.e. unarmed demonstrators). Protesters can also be targeted through lethal forms of violence in events coded with sub-event type Excessive force against protesters coded under event type Protests.

While ACLED records fatalities, it is important to remember that the set includes reported fatalities. Fatality numbers are frequently the most biased and poorly reported component of conflict data. The totals are often debated and can vary widely. Conflict actors may overstate or under-report fatalities to appear strong to the opposition or to minimize international backlash against the state involved. Fatality counts are also limited by the challenges of collecting exact data mid-conflict. While ACLED codes the most conservative reports of fatality counts to minimize over-counting, this does not account for biases that exist around fatality counts at-large (for more, see: Washington Post, 2 October 2017). While fatality estimates are a telling indicator of how conflict intensity and lethality shift over time, they are generally less reliable than other metrics coded by ACLED, due in part to the highly politicized and varying fatality information reported by different sources. Such a metric is therefore largely used as a supplement to other modes of analysis, and is why it is treated as a measure of reported fatalities, rather than a concrete number. For ease of readability, this report often refers solely to fatalities, but please note that these are references to reported fatalities specifically. For more on ACLED’s methodology around coding fatalities, see this primer.

Footnotes

  1. 1

    Le territoire contesté du Nagorno-Karabakh est reconnu internationalement comme faisant partie de l’Azerbaïdjan. ACLED désigne cet État de facto et ses institutions sous le nom d’Artsakh – appellation par laquelle le territoire de facto se désigne lui-même. Pour en savoir plus sur la méthodologie et les choix de codage concernant les États de facto, se référer à ce guide méthodologique (non traduit).

  2. 2

    While ACLED collects information on demonstrations, it is important to remember that these are demonstration events. ACLED is an event-based dataset, and therefore only records demonstration events; the number of ‘demonstration events’ recorded by ACLED may differ from the number of ‘demonstrations’ recorded via other methodologies. The number of demonstrations is reliant largely on reporting and the terminology used in doing so. For example, five separate demonstrations happening in Algiers around a single topic within a few blocks of each other may be reported on in a newspaper as “demonstrations happened in Algiers” or “five demonstrations happened in Algiers.” Both are correct in their terminology, but if they are coded differently as a result (1 vs. 5), this would introduce a bias. ACLED codes an event based on an engagement in a specific location (e.g. Algiers) on a specific day in order to avoid such biases. For ease of readability, these events are often referred to solely as demonstrations in this report.

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